Evénements passés

Se rencontrer

Ces deux premières journées ont été l’occasion d'une première rencontre pour les différents intervenants chefs de chœur. Cette rencontre a eu lieu le samedi dans les locaux de l’Association Bourgogne-Franche-Comté-Europe à Bruxelles. Elle a permis à chacun de présenter son parcours professionnel, le chœur qu’il dirige et ses attentes du projet Voix d’enfants/Espace scénique. Les grands axes du projet ont été précisés et un premier calendrier des deux années à venir a été validé.

Ont notamment été abordés le choix de la pièce obligatoire pour les concerts à Vesoul en mai 2016 et l'élaboration d'un cahier des charges pour la commande de l'œuvre qui sera interprétée lors des concerts à Vesoul en 2016 et à Turin en 2017. Catherine Gourdon, responsable du Centre de Documentation pour l'Art choral du LAB (Liaisons Arts Bourgogne) a mis à disposition quelques œuvres chorales de la collection du centre. Le répertoire existant adapté au mouvement scénique pour les chœurs d’enfants a été recensé.

Les intervenants ont  pu échanger – extraits vidéo à l'appui – sur la question des approches et des méthodes de travail, mettant en valeur l’association du mouvement et du chant.

Le lendemain, l’équipe a été accueillie à Nivelles. Après une présentation publique du projet et de ses partenaires, un concert a été donné par le Chœur d’Enfants du Hainaut, sous la direction musicale de Géraldine Focant. Cette performance a été complétée par les interventions d'Erica Mandillo, de Carlo Pavese et de Scott Alan Prouty qui ont initié le chœur à leurs propres méthodes de travail. La journée s’est terminée par une rencontre des intervenants avec le public. La présence de la Fédération Chorale Wallonie-Bruxelles a permis de dresser un panorama de la situation des chœurs amateurs et professionnels de Belgique.

Diversifier nos approches

Ce deuxième workshop a permis d'approfondir les perspectives esquissées lors de la première rencontre. Les chefs de chœurs ont ouvert la réunion par le choix définitif de l’œuvre commune pour les concerts donnés à Vesoul, ainsi que du répertoire pour le concert qui clora la rencontre entre les chœurs européens en mai 2016 au Théâtre Edwige-Feuillère. Le cahier des charges pour les commandes d’œuvres par chaque chœur membre à un compositeur de son pays d’origine, a été finalisé : ces œuvres devront nécessairement intégrer le concept d’espace.

Autour d'une table ronde, les différents intervenants ont réfléchi à la question de l’espace scénique.

Puis, Scott Alan Prouty a orchestré la démonstration avec le chœur Sotto Voce dont il est le directeur artistique au théâtre du Châtelet, avant que n'interviennent successivement les autres chefs de chœur, Géraldine Focant, Erica Mandillo et Carlo Pavese  sur des extraits musicaux associant le mouvement. Au terme de ces exercices, les chefs de chœur et les choristes ont échangé leurs appréciations au sujet de cette démarche.

La dernière journée de ce workshop a été consacrée aux questions de l’expressivité des enfants, de l’autonomie du chœur vis-à-vis du chef qui le dirige, ainsi qu’à une réflexion sur la définition des publics d’aujourd’hui et de demain.

Susciter une dynamique de création pour les chœurs d’enfants auprès des compositeurs contemporains

Lors de cette troisième rencontre, les différents intervenants se connaissaient désormais bien. Le premier jour a permis de revenir sur tout ce qui avait changé dans les pratiques de chacun depuis le début du projet. Une séance de travail et d'échange a ensuite permis aux chefs de chœur de présenter et d’expérimenter des exercices spécifiques à faire avec les enfants pour travailler leur rapport à l'espace.

Il s’agissait cette fois de découvrir plus particulièrement le travail mené en situation par Erica Mandillo avec son chœur. Le Coro Infantil da Universidade de Lisboa s’est ainsi produit sous sa direction musicale, le dimanche 28 février après-midi, à l’Université de Lisbonne. Cette performance a été complétée par trois interventions de Géraldine Focant et de Carlo Pavese qui ont ainsi pu faire découvrir au chœur et aux spectateurs venus pour l’occasion, leur approche des chœurs d’enfants.

La journée de dimanche s’est terminée par une table ronde réunissant une dizaine de compositeurs portugais invités par le Coro Infantil da Universidade de Lisboa. Le débat qui s'ensuivit s’est révélé particulièrement riche et fructueux et a permis de dégager quelques-unes des spécificités de la composition pour les chœurs d’enfants.

Construire ensemble

Cette quatrième rencontre au théâtre Edwige-Feuillère de Vesoul réunissait pour la première fois, l’ensemble des chœurs participant au projet. Elle a marqué une première concrétisation et un premier aboutissement du projet.

Une soirée d’ouverture a d’abord donné à entendre cinq chœurs de la région qui, sous l’impulsion de l’Ensemble Justiniana et de Franche-Comté Mission Voix, se réunissent depuis six ans pour mener une réflexion sur la question des voix d’enfants et de l’espace scénique . Les deux soirées suivantes ont permis à l’ensemble des chœurs de se produire sur la scène du théâtre. La soirée de clôture était résolument placée sous le signe du mélange, de l’échange et de l’autonomisation : chacun des chœurs disposait d’une dizaine de minutes pour se produire sous la direction de son chef attitré. Tous les chœurs se rassemblaient ensuite en une hyper formation dirigée successivement par chacun des chefs, avant d’interpréter sans direction le final, Sililiza, du compositeur Jim Papoulis.

La scène du théâtre débordant de ces plus de trois cents jeunes choristes est sans doute l’image qui résume le mieux l’énergie, la ferveur et l’effervescence qui se dégageaient de ces quatre jours de travail intense en résidence au théâtre Edwige Feuillère de Vesoul. En marge de ces événements artistiques, la présence permanente des chefs et de leurs chœurs au théâtre a permis d’expérimenter et de systématiser des principes d’échange et de circulation artistique : le matin, chaque chef faisait travailler chacun des chœurs en tournant d’une salle de répétition à l’autre. L’œuvre, Sililiza, interprétée chaque soir par chacun des chœurs dans une mise en mouvement différente, puis par tous les chœurs sans direction lors du final, a permis de donner à voir le résultat scénique de ce mode de répétition transversal, et de mesurer à quel point il avait été fructueux.

Chaque après-midi, deux chœurs d’enfants se déplaçaient dans les villages situés dans un rayon de 20 kilomètres pour un concert promenade. En plus de confronter les formations et les chefs à des espaces extérieurs, ouverts, non-lieux de spectacle, ces concerts promenades leur permettaient de rencontrer et de toucher les habitants en jouant non seulement sur les places des villages, dans les cours de fermes ou de maisons fortes et dans les cafés, mais aussi en intervenant de manière très personnalisée devant leurs habitations : une expérience aussi enrichissante pour les enfants que pour les adultes les encadrant, qui permettait de replacer au centre du projet la question des nouveaux publics, l’un des principaux chevaux de bataille de l’Ensemble Justiniana depuis sa création.

En marge de cette programmation artistique particulièrement riche, les discussions avec les intervenants se sont poursuivies réunissant des acteurs culturels de la région: enseignants, chefs de chœurs, musiciens intervenants, chanteurs… qui suivaient également le travail des chœurs en répétition, pour un échange avec les chefs de chœur autour de la thématique : « Comment développer la pratique du mouvement scénique pour les chœurs d’enfants ? »

Le bilan: quatre jours de travail intense, de rencontres et d’échanges, plus de six cents enfants sur scène et  trois mille spectateurs dans la salle !

 

Le Workshop n° 5 a eu lieu à Turin du 24 au 26 septembre 2016. Outre les échanges et discussions pédagogiques entre les chefs de chœur désormais réguliers et qui ont permis de faire un point à mi-parcours, ce séjour se concentrait principalement sur deux aspects du projet. Nous avons tout d’abord rencontré l’Italien, Alberto Cola, compositeur et musicologue italien, qui a écrit l’œuvre Hymn to the North Star pour les Piccoli Cantori di Torino. Lors d’un entretien, il est largement revenu sur sa carrière, sur son rapport à la voix – et tout particulièrement aux voix d’enfants – aux formations chorales et à l’espace scénique.
S’ils n’étaient présents physiquement, cette session était également l’occasion d’évoquer les autres compositeurs du projet et de découvrir les prémisses de leur travail. Ont ainsi été présentés, pour le Coro Infantil da Universidade de Lisboa, Eurico Carrapatoso – auteur de musique de chambre, chorale ou plus largement vocale, dont les compositions sont aussi bien jouées en Europe qu’aux Etats-Unis – et Miguel Azguime – connu pour ses pièces aussi variées qu’originales, qui reflètent les différentes facettes de sa personnalité artistique (compositeur mais aussi performeur et poète) ; pour le Chœur d’enfants du Hainaut, Gilles Massart (Zoom du lit à l’espace), professeur de chant d’ensemble en académie de musique, et chef de plusieurs chœurs d’adultes et de jeunes ; pour Sotto Voce, Marc-Olivier Dupin (Éclats d’espace) – compositeur, professeur d’écriture au conservatoire du 6e arrondissement de Paris, qui a notamment occupé les postes de directeur général de l’Orchestre national d’Île de France et de directeur de la musique de Radio France ; pour le Chœur du théâtre Edwige- Feuillère de Vesoul, Philippe Mion – compositeur, auteur d’une œuvre originale et protéiforme qui comprend aussi bien des pièces vocales, instrumentales que purement acousmatiques ou mixtes.
Mais Turin est également le lieu retenu pour la cession finale du projet. Aussi ce séjour devait-il nous permettre de visiter des lieux de concerts potentiels pour en choisir un dans lequel les chœurs pourraient se produire à l’été 2017. Ces visites, qui ont eu lieu, pour la plupart, le samedi après-midi et le lundi matin, étaient également l’occasion de découvrir la ville et de goûter la culture locale. Si Turin n’a pas la renommée de Rome ou de Milan, son centre-ville, avec des rues animées, ses pierres couleur ocre et sa douceur de vivre, est un joyau méconnu.
Quant à la rencontre et aux discussions avec Alberto Cola, elles ont eu lieu le deuxième jour, lors des ateliers de travail désormais traditionnels entre les chefs de chœur du projet et le chœur « à domicile » (ici les Piccoli Cantori di Torino). Ces séances ont été une fois de plus l’occasion de réaliser un travail d’expérimentation poussé sur la spatialisation du son (passer du souffle au son, faire chanter le chœur en mouvement, créer une vague vocale tout autour de la salle…) Ils ont aussi permis aux chefs de chœur une première prise de contact avec les commandes passées aux compositeurs autour du thème « Voix d’enfants/Espace scénique » encore à l’état d’esquisses.

 

Le Workshop n° 6 a eu lieu à Vesoul les samedi 14 et dimanche 15 janvier 2017. Sur les 70 enfants de l’atelier Voix d’enfants du théâtre Edwige-Feuillère de Vesoul, l’atelier du samedi matin mettait en scène ceux qui avaient participé aux spectacles des Enfants à croquer et d’ Hansel et Gretel de la compagnie Justiniana.

Après un bref échauffement avec les enfants, Scott Alan Prouty a présenté des extraits de ces récents spectacles de théâtre musical mis en scène par Charlotte Nessi et auxquels il avait collaboré en tant que chef de chœur. Il a expliqué que lorsqu’il collabore avec elle, il intervient à un moment où la mise en scène n’est pas encore cristallisée. Aussi essaie-t-il de poser un maximum de mouvements sur le chant afin de libérer les corps de la voix.

Venait ensuite un exercice de texte : les enfants lisaient un texte dont la fin devait les amener vers le chant (une scène des Enfants à croquer précédant le chant, Les Petits Bonheurs). Pendant quelques minutes, les enfants se répartissaient en quatre petits groupes et préparaient en autonomie une mise en espace du texte. Ensuite, toujours par petits groupes, ils présentaient neuf mises en scène différentes de Hansel et Gretel, traduit en français.  Charlotte Nessi a expliqué que dans sa façon de travailler, tous les enfants apprenaient la totalité du texte. Les rôles sont répartis dans un second temps, en fonction des affinités de chacun. Pour Hansel et Gretel, il fallait plusieurs distributions pour la tournée. Elle développe également la notion de « spectateurs actifs » : sur les huit chants de l’opéra, quatre étaient également chantés par le public, par des spectateurs préparés en amont qui avaient travaillé les chants et se mettaient à les chanter et participaient à l’action scénique, à la surprise des autres spectateurs. Charlotte fait ensuite travailler deux enfants en particulier et les dirige en direct sur scène, dans la même scène.

L’après-midi a été consacré à une rencontre avec le compositeur, Philippe Mion, auquel a été commandée une œuvre dans le cadre du projet. Il a fait travailler les enfants sur le souffle, puis sur des consonnes, sur les mots, le son, le corps. Cette rencontre avec Philippe Mion s’est poursuivie le dimanche matin. Au cours de cette discussion, Philippe Mion a fait état de son processus de composition singulier qui consiste à écrire avec les enfants, à travers des exercices, des jeux et des expérimentations. La discussion s'est ensuite élargie aux échanges qui ont lieu entre les compositeurs et les chefs de chœur autour des créations prévues dans le cadre du projet.